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dimanche 20 février 2022

Belle exposition de la famille Crumb à Paris

Robert Crumb est habitué des bandes dessinées "familiales" : il publie depuis les années 1970 des comics à quatre mains, avec sa femme Aline Kominski-Crumb. Chacun d'entre eux y dessine son propre personnage, dans de courtes histoires relatant leur vie de couple avec beaucoup d'autodérision et sans concession. Ces récits ont fait l'objet d'une publication en intégrale (Parle-moi d'amour ! chez Denoël en 2011), présentant ainsi presque quatre décennies d'histoire familiale. Dans ces planches, une troisième autrice-personnage faisait progressivement son apparition : leur fille Sophie se dessinait parfois au milieu de ses parents. Elle est devenue artiste également. Au fil des années, Robert Crumb a progressivement dessiné moins de bande dessinée. Son adaptation littérale de la Genèse a été une sorte de chant de cygnes en 2009, les planches sont de plus en plus rares depuis cette époque. Il ne dessine presque plus que des pages avec Aline. La part familiale de son oeuvre prend peu à peu le dessus sur le reste...

Cette exposition (à la galerie David Zwirner à Paris, jusqu'au 22 mars 2022) est l'aboutissement logique de cette évolution. Il s'agit en effet d'une présentation commune des oeuvres de Robert, Aline et Sophie, les trois auteurs étant mis sur un pied d'égalité.

On y découvre de nombreuses oeuvres de Robert Crumb (ne nous leurrons pas : c'est probablement d'abord pour lui que les visiteurs viendront). Quelques-unes, plus ou moins anciennes, donnent un très rapide aperçu de sa carrière. Les plus intéressantes sont à mon sens les oeuvres très récentes (2020-2022), encore inédites. Ses portraits ou ses saynètes mettant en avant l'angoisse de personnages face au monde actuel montrent que le vieux maître n'a clairement rien perdu de son immense talent...

Il serait dommage de ne profiter que des planches du créateur de Mr Natural. Sa femme et sa fille ont chacune su développer un style très personnel, et les oeuvres présentées ici sont également très intéressantes. Celles d'Aline ne surprendront pas les fidèles lecteurs des comics de son mari, puisqu'elle y a souvent participé. Son style est moins virtuose que celui de son célèbre époux ; mais il a une spontanéité et une vivacité très agréables ; ses (auto)portraits, au tracé parfois approximatif, sont d'une très grande vérité.

La plus grande découverte, pour moi, est celle des oeuvres de la fille de la famille, que je ne connaissais pas. Loin de se laisser écraser par les styles marqués de ses deux parents, elle a su développer le sien propre avec originalité et talent. Elle adopte un rendu plus réaliste, ce qui donne lieu à de beaux portraits ainsi qu'à des scènes plus surréalistes.

Un récit inédit de quelques pages dessinées à six mains est également présenté.

Ce récit, intitulé "Sauve-qui-peut" (Aline et Robert sont installés depuis les années 1990 dans le Sud de la France, dans un village qui s'appelle Sauve...), est compilé, ainsi que les autres oeuvres inédites de l'exposition dans un comics publié spécialement.

samedi 20 novembre 2021

Robert Crumb, un auteur majeur, aux oeuvres difficiles à trouver

Robert Crumb est largement considéré, à juste titre à mon sens, comme l'un des auteurs de bande dessinée le plus importants des 50 dernières années, à la fois d'un pont de vue historique (il a marqué l'histoire de la bande dessinée américaine, voire mondiale, avec sa contribution à l'émergence des comics underground à la fin des années 1960) et artistique (son dessin est d'une qualité exceptionnelle, sa critique acerbe des États-Unis, notamment de la Côte Ouest, est particulièrement bien sentie).

Il est reconnu partout dans le monde, a profondément influencé d’innombrables auteurs. En France, il a reçu le grand prix de la ville d'Angoulême en 1999 (à une époque, pourtant, où la plupart des auteurs récompensés étaient des Français ayant travaillé pour Pilote).

Il pourrait donc sembler logique que son œuvre soit largement accessible. Ce n'est malheureusement pas le cas.

En France, les éditions Cornélius se sont attelées à la tâche d'éditer les œuvres de Crumb, après quelques tentatives méritoires, mais très fragmentaires, d'autres éditeurs. Comme d'habitude chez Cornélius, le papier est épais, la reproduction de qualité. Mais les différents recueils regroupent des récits par thématique, et pas du tout dans l'ordre chronologique, ce que je trouve dommage. On peut également regretter l'absence d'appareil critique, qui serait bienvenu vu l'importance historique de l’œuvre et son inscription dans des mouvements sociétaux très particuliers. En outre il est tout de même difficile de traduire de nombreuses expressions argotiques utilisées par Crumb. Et même quand Cornelius utilise le même titre qu'un recueil publié aux États-Unis (Mr. Sixties par exemple), méfiez-vous, le contenu des deux volumes n'a rien à voir...

Ceux qui parlent anglais pourront donc être tentés de se tourner vers les éditions originales américaines. Mais je me suis rendu compte que, même avec les recueils américains, il n'est pas possible de se procurer l'ensemble de l'œuvre de ce grand auteur.

Petit rappel : en gros, on peut répartir l'œuvre de Crumb en trois grandes catégories : des récits courts, publiés initialement dans des comics (fascicules moyen format de quelques dizaines de pages), regroupant des pages de Crumb seul (Mystic Funnies, Hup) ou de plusieurs auteurs underground (comme le séminal Zap, référence de l’underground américain depuis 1968 jusqu’à 2014), de nombreuses pages de carnet de grands qualité et, plus récemment de quelques albums complets (Kafka, La Genèse).

Les albums complets sont encore disponibles. Les courts récits (ceux compilés en français un peu aléatoirement par Cornélius) ont fait l'objet d'une intégrale chez Fantagraphics. Celle-ci est chronologique, chaque volume est introduit par un texte souvent passionnant. Malheureusement la maquette de cette collection est datée et très laide. Et, surtout, la plupart des volumes sont épuisés depuis des années, sans aucune annonce de réédition. Enfin elle s'arrête inexplicablement à la fin des années 1980, laissant de côté plusieurs centaines de pages publiées depuis, dans les comics Hup, ID et Mystic Funnies. Ce n'est pas la peine de chercher ces comics isolément, à moins d'avoir du temps et de l'argent, ils sont épuisés depuis longtemps... Fantagraphics a également publié des recueils thématiques : un volume assez réussi sur Fritz the car, rassemblant toutes les mésaventures de l'un des premiers personnages de Crumb. Un autre sur Mr. Natural, qui regroupe au hasard une petite minorité des récits mettant en scène le personnage fétiche de l'auteur.

Les meilleures pages des carnets ont été compilées dans une intégrale chez Fantagraphics, presque entièrement épuisée, et dans une autre, plus récente, chez Taschen. Cette dernière est très réussie, avec une belle maquette et la moitié des volumes sont encore disponibles.

En conclusion, Robert Crumb est un auteur capital, dont les bandes dessinées et les carnets méritent d'être intégralement découverts (avec toutefois une baisse d'inspiration entre le milieu des années 1970 et le milieu des années 1980). Mais pour découvrir son œuvre, en anglais ou en français, il faudra vous armer de patience ou convaincre un éditeur de publier enfin une intégrale complète digne de ce nom...

jeudi 28 avril 2011

The sweeter side of Robert Crumb, de Robert Crumb (2010)

Dans son introduction, très amusante, Robert Crumb essaie d'expliquer pourquoi avoir publié ce livre, essentiellement composé d'illustrations dessinées entre 1969 et 2006 et de quelques pages de comics le montrant avec sa fille : Il s'agit de montrer qu'il n'est pas uniquement le pervers acariâtre et misogyne tel qu'il se décrit habituellement ; il espère également toucher un public plus féminin...

Au-delà de ces prétextes, cet ouvrage permet surtout de se convaincre, ou de se souvenir, à quel point, en plus d'être d'un auteur de bande dessinée génial, Robert Crumb est également un fantastique illustrateur. On trouve dans ce livre quelques rares pages de bande dessinée (Robert Crumb et sa fille, comme je le disais plus haut) et des illustrations de divers types : notamment des portraits de proches, des copies de photographies (datant surtout de la première moitié du siècle dernier, souvent des portraits de musiciens) et des croquis de ruelles ou de sentiers forestiers.

Quel que soit le sujet, le style de Robert Crumb, à base de couches successives de courtes hachures fait merveille : les personnes portraiturées ont une 'présence' folle ; le calme des sentiers de forêts déserts nous enveloppent, les ruelles provençales sont magiques ; les jeux d'ombre et de lumière sont extraordinaires.

Alors, comment est-il Robert Crumb ? So sweeeet !...

mercredi 16 mars 2011

Ma bédéthèque idéale, 2e partie : des années 1940 aux années 1960

Années 1940.

Blake et Mortimer d'Edgar P. Jacobs (1946-1971, Belgique).
Des intrigues très bien ficelées au rythme parfaitement travaillé. Une recherche constante d'amélioration ont également conduit Jacobs à innover constamment, sur la plan graphique notamment dans les domaines de la composition des planches et de l'utilisation de la couleur au service de l'ambiance de ses récits.

The Spirit de Will Eisner (1946-1952, États-Unis).
Un héros masqué qui arrête des bandits en sept pages. Cette trame de base devient un simple prétexte au lendemain de la Guerre. Les récits deviennent alors un mélange d'innovations formelles, d'humour et de descriptions plein d'humanité et de tendresse de seconds rôles attachants.

Uncle Scrooge de Carl Barks (1947-1965, États-Unis).
Employé dans une multinationale américaine du divertissement, Carl Barks a critiqué l'appât du gain au travers de Picsou et a inventé une foule d'antihéros loin d'être des modèles qui allaient marquer des millions de lecteurs.

Pogo de Walt Kelly (1948-1975, États-Unis).
Un trait tout en rondeur extrêmement plaisant et des récits délirants où chaque case renferme de nombreux gags. Ces histoires sont malheureusement épuisées en français comme en anglais mais il est possible d'en lire quelques-unes sur Internet (notamment sur cet excellent blog).


Années 1950.

Mad de Harvey Kurtzman et al. (1952-1956, États-Unis).
Harvey Kurtzman, accompagné de dessinateurs virtuoses (Wally Wood, Will Elder, Jack Davis, etc.) révolutionne avec Mad l'humour en bande dessinée. Parodies, second degré, arrières-plans délirants. René Goscinny, qui fut leur ami, et Gotlib, entre autres, s'en souviendront...

Peanuts de Charles M. Schulz (1955-1965, États-Unis).
Que dire à propos des Peanuts ? À la fois l'une des bandes dessinées les plus vendues (voire la plus vendue) au monde et l'une des plus appréciées de la critique. Quelques enfants et animaux dans un monde sans adulte mais pas sans cruauté. Pauvre Charlie Brown...

Master Race de Bernard Krigstein (1955, États-Unis).
De cet auteur, je ne connais que ce récit de huit pages, récemment publié dans un hors série de Beaux-Arts magazine (dont l'achat est amplement justifié par ce récit à lui seul). Extraordinaire évocation du génocide, quinze ans avant Maus.

L'Éternaute de Héctor Germán Oesterheld et Francisco Solano López (1957-1959, Argentine).
Peut-être la meilleure bande dessinée de science-fiction. Oesterheld invente des extra-terrestre terrifiants et crédibles et nous narre les mésaventures d'humains ordinaires devant les affronter.

Lucky Luke de René Goscinny et Morris (des Rails sur la prairie au Fil qui chante, 1957-1977, Belgique).
Goscinny et Morris revisitent l'ensemble de l'histoire de l'Ouest avec beaucoup d'humour.

Astérix de René Goscinny et Albert Uderzo (d'Astérix le Gaulois à Astérix chez Rahazade, 1959-1987, France).
Comique de situation, critique sociale, jeux de mots, finesse psychologique (ah, La Zizanie...), humour visuel : Tout contribue à faire de cette bande dessinée une des plus drôles qui soit. Avec cette série Goscinny montrait au grand public francophone que la bande dessinée ne s'adressait pas exclusivement aux moins de 15 ans. Des mêmes auteurs, on pourra lire Oumpah-Pah, très drôle également.


Années 1960.

Œuvres d'Alberto Breccia (à partir de Mort Cinder, 1962-1993, Argentine).
Un des dessinateurs les plus innovants que je connaisse. Ses recherches formelles et graphiques n'ont guère équivalent dans la bande dessinée.

Œuvres de Robert Crumb (depuis 1963, États-Unis).
Dessinateur exceptionnel, fin autobiographe et peintre social subtil.

Œuvres de Jean-Claude Forest (de Barbarella à Enfants, c'est l'Hydragon qui passe, 1964-1984, France).
Un des plus grands poètes (avec Fred, mais dans un autre genre) de la bande dessinée francophone. Textes ciselés et imaginatifs, dessins pleins de fougue et de liberté.

Mafalda de Quino (1964-1973, Argentine).
Mafalda est une gamine impertinente qui pose un regard sans concession, mais très drôle, sur sa famille, son pays et le monde qui l'entoure.

Gaston Lagaffe d'André Franquin (des Gaffes en gros à la Saga des gaffes, 1965-1982, Belgique).
André Franquin est, à juste titre, un des auteurs les plus admirés de la bande dessinée francophone. Son garçon de bureau, aux inventions loufoques, élève la paresse au rang des beaux arts.

Philémon de Fred (depuis 1965, France).
L'univers du A est riche en poésie et en personnages loufoques. Fred brise tous les carcans de la bande dessinée traditionnelle, tant narratifs que graphiques.

Achille Talon de Greg (1966-1977, Belgique).
Avec Achille Talon, désopilant petit bourgeois pédant et bavard, Greg, auteur prolifique, scénariste pour Hergé et Franquin et talentueux rédacteur en chef du journal Tintin entre 1965 et 1974, livre son chef-d'œuvre.

Corto Maltese de Hugo Pratt (de La Ballade de la mer salée à Fable de Venise, 1967-1981, Italie).
Sur les pas de Stevenson, de Conrad et de Borges, avec Pratt souffle un vent d'aventure romanesque dans la bande dessinée.

Valérian et Laureline de Pierre Christin et Jean-Claude Mézières (1967-2010, France).
Une série d'aventure de science-fiction d'où le second degré n'est jamais absent. Le superbe et très imaginatif dessin de Mézières au service des intrigues de Christin, introduisant dès les années 1960 de l'écologie et du féminisme, entre autres, dans ses intrigues.

Rubrique-à-Brac de Marcel Gotlib (1968-1972, France).
Après avoir été coaché par René Goscinny dans les Dingossiers, Marcel Gotlib réinvente la bande dessinée d'humour francophone en quelques années avec sa Rubrique-à-Brac, notamment sur les pas des auteurs de Mad.

mardi 12 octobre 2010

Bananas, Critix... les revues d'Evariste Blanchet

Évariste Blanchet m'impressionne depuis longtemps. Par la qualité des revues qu'il fonde tout d'abord. Par sa persévérance ensuite.

Il est à l'origine de nombreuses revues : tout d'abord Bananas (3 numéros en 1981) et Critix (quelques numéros en 1992-1993) ; je n'ai jamais lu ces deux revues et tire mes informations de Wikipedia. Puis : Bananas de nouveau (4 numéros en 1995), Critix encore (12 numéros de 1996 à 2001), Bananas/Bananas Comix enfin (2 numéros en 2006-2007).

Les Critix sont des revues d'étude sur la bande dessinée. J'ai une nette préférence pour les revues Bananas, qui sont constituées à la fois de textes critiques et de récits en bande dessinée, inédits ou introuvables. Les textes critiques de Critix et de Bananas, écrits le plus souvent par Évariste Blanchet, Renaud Chavanne, Jean-Paul Jennequin, Christian Marmonnier et Jean-Philippe Martin, sont dans l'ensemble de très bonne tenue.

Ce qui caractérise à mes yeux le plus Évariste Blanchet est son goût à la fois très éclectique et particulièrement sûr. Pensez donc : au sommaire du n° 2 de Bananas (version 1995), on trouve des récits, inédits en France, de Fabrice Neaud et de Xavier Mussat (alors que ces deux auteurs n'avaient publié que quelques pages dans la revue Ego comme X et n'avaient pas la reconnaissance, au moins critique, qu'ils ont maintenant) de Vincent Sardon et d'Edmond Baudoin, de Charles Schulz, Guido Crepax et Robert Crumb ! dans le n° 3, une histoire complète de Steve Canyon, dans le n° 4, du Krazy Kat et du Max, pour n'en citer que quelques-uns.

Le principe est similaire avec Bananas / Bananas Comix, revue double dont deux numéros sont parus en 2006 : on y découvre de nouveaux récits inédits de Fabrice Neaud et de Xavier Mussat, des pages de Bottero, Willem et bien d'autres. Les entretiens avec Xavier Mussat, José-Louis Bocquet, Jean-Claude Forest et Frédéric Poincelet sont tous passionnants et les textes, critiques d'albums, chroniques de livres théoriques ou analyses plus générales ne déparent pas le sommaire.

Bref des revues sans équivalent, à ma connaissance, dans le monde francophone (un style un peu similaire avait été adopté par la revue Bang, mais avec des choix beaucoup plus consensuels). Certes on pouvait reprocher au Bananas de 1995 une maquette datée et peu élégante, plus proche de celle d'un fanzine que d'une vraie revue. Mais était-ce si grave ? Et en 2006, la présentation de la nouvelle version de Bananas était irréprochable.

Malheureusement, chacune de ces revues s'est arrêtée, faute de succès, au bout de quelques numéros (une bonne douzaine pour Critix tout de même). Étaient-elles trop éclectiques ? avec Fabrice Neaud (Journal) et Zep & Tébo (Captain Biceps) au sommaire d'un même numéro, le grand écart était-il trop important ? Trop ambitieuses, à la fois dans la forme (pagination élevée, papier et impression de qualité) et dans la forme (des textes pointus, sur des ouvrages parfois peu connus) ? Trop peu soutenues : peu de présence dans les librairies et peu de compte-rends dans la presse ?

Malgré ces échecs commerciaux répétés, Évariste Blanchet persiste et, régulièrement, publie une nouvelle revue. Il paraît même qu'un nouveau numéro de Bananas est envisagé pour début 2011. Tant mieux ! et longue vie à Bananas, Critix et les autres !

P.S. : On trouvera plus de détails sur la collaboration de Fabrice Neaud à Bananas sur le site Internet qui lui est consacré.

jeudi 6 mai 2010

La collection 30 x 40 de Futuropolis

Je viens d'acheter sur Internet quelques albums de Futuropolis (le vrai, celui qui a arrêté ses activités au début des années 1990) que je n'avais pas encore lus et qui ne sont pas encore épuisés. Parmi ces achats, deux volumes de la fabuleuse collection 30 x 40.

Pourquoi fabuleuse ? parce que je ne connais aucune collection de bande dessinée ayant publié plus de chefs-d'œuvre, très divers qui plus est.


En une quinzaine d'années (de 1974 à 1990 je crois), cette collection, la plus prestigieuse et la plus ambitieuse d'une maison d'édition qui l'était déjà beaucoup, a publié en grand format (30 cm sur 40 cm, d'où le nom de la collection) un grand nombre des auteurs les plus innovants de l'époque. Et le choix était éclectique : des auteurs français sur le point de devenir célèbres (Moebius, qui s'appelait encore Gir, ou Tardi), d'autres qui allaient rester culte (Francis Masse, Baudoin ou Götting), d'autres encore classiques méconnus (Poïvet), des auteurs étrangers peu ou pas publiés en France, provenant d'Europe (Swarte ou Jacovitti) ou des États-Unis (Crumb, Vaughn-Bodé...). Un seul album par auteur et pour chacun d'entre eux, des œuvres de premier plan, qu'il s'agisse de compilations traduites (Crumb ou Swarte) ou de chefs-d'œuvres originaux (Le Portrait de Baudoin ou L'Option Stravinsky de Götting).

Que dire de plus ? Ah oui, une chose encore : certains albums de cette collection sont encore disponibles sur Internet, notamment l'excellent volume consacré à Francis Masse. Dépêchez-vous, il n'en reste plus beaucoup...